Donnons-nous les moyens de réussir !
Je suis le basketball scolaire et civil depuis une dizaine d’années maintenant et, pendant toutes ces années, j’ai toujours été étonné de constater à quel point il y a du talent ici (je parle autant des entraîneurs que des joueurs), mais un manque flagrant de moyens financiers et techniques pour faire éclore ce talent. Récemment, l’équipe de basketball de l’Université de l’Illinois, les Fighting Illini, est venue jouer à Montréal contre l’Université McGill et contre l’UQAM. Serge Vleminckx du Journal de Montréal révélait que le budget de l’équipe américaine était 10 fois supérieur à celui de l’Université McGill. Dix fois, vous avez bien lu. Certains trouveront cela normal, moi pas.

Le printemps dernier, les membres du conseil d’administration de la Fédération de basketball du Québec ont adopté cinq priorités pour l’exercice financier 2007-2008 :
1. La réussite du programme de développement d’entraîneurs québécois
2. Le développement des joueurs
3. L’encadrement et le développement de l’arbitrage
4. La recherche de financement
5. L’augmentation du « membership » de la Fédération

Pourquoi ces priorités ? Parce qu’elles constituent les facteurs clés de succès d’un programme de basketball de qualité pour les jeunes du Québec, autrement dit, les moyens à nous donner pour réussir.


Un basketball de qualité commence par des entraîneurs qualifiés qui sont en mesure d’enseigner les bases du basketball et de faire éclore les talents dans un environnement sécuritaire, que ce soit aux niveaux communautaire, récréatif ou compétition. Former des entraîneurs et leur donner les bons outils pour faire leur travail est la clé du développement des joueurs.

Le développement de l’arbitrage est aussi un élément clé de la stratégie de la Fédération. Nous devons nous donner les moyens pour recruter des arbitres en nombre suffisant, pour les former, pour leur offrir du perfectionnement et, surtout, un bon encadrement. Si nous y arrivons, ce sont les entraîneurs et les joueurs de toutes les ligues qui en ressortiront gagnants.

Attardons-nous maintenant aux deux derniers objectifs. Depuis plusieurs années, la Fédération de basketball du Québec vit une situation budgétaire difficile. Nous n’avons pas assez d’argent pour réaliser tous les programmes et les projets. Nos permanents ne sont pas assez nombreux ; ils sont essoufflés. Cette année, nous allons devoir faire des choix difficiles et dire non à certains projets dans le but de réaliser ceux qui seront retenus. En parallèle, la Fédération va se mettre à la recherche de nouvelles sources de financement, car il y a une limite à demander de l’argent au gouvernement. Ces nouvelles sources proviendront de la commandite, du mécénat, mais aussi de l’adhésion de tous les entraîneurs et de tous les jeunes qui pratiquent le basketball au Québec. Le membership obligatoire en fera en en fait déjà sourciller plus d’un. Pourquoi avoir à payer une cotisation ? Pour obtenir des services en retour, tout simplement. Et des services de qualité.

Tous les membres du conseil d’administration et le personnel de la Fédération travaillent à réaliser les cinq objectifs énumérés précédemment. Ils font preuve d’un engagement exemplaire, même si parfois la somme de travail est considérable. Déjà, ils reçoivent des signes encourageants du milieu. Les formations données aux entraîneurs remportent beaucoup de succès, mais elles créent des attentes. Le programme de basketball pour jeunes Steve Nash remporte aussi du succès et il crée des attentes. Serons-nous victimes de nos succès si, l’année prochaine, nous n’avons pas encore les moyens financiers pour répondre aux attentes et pour faire mieux ?


Pierre Bouchard
Président du Conseil d’administration
Fédération de basketball du Québec